Des technologies contre le réchauffement climatique et le plastique dans l’océan

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Les températures augmentent. La pollution tue ou contamine faune et flore marine. De nouvelles technologies contre le réchauffement climatique et le plastique marin pourraient aider la planète. Pourquoi ne pas concevoir un navire-réfrigérateur pour reformer la banquise ? Utiliser le Sahara comme miroir solaire ? Construire un navire équipé d’une presse hydraulique pour recycler un plus grand nombre de déchets ?

Découvrons ce futur utopique.

 

Technologies contre le réchauffement climatique : des navires-réfrigérateurs pour reconstituer la banquise

La fonte de la banquise s’accélère. L’Arctique se réchauffe 2 fois plus vite que le reste de la planète. Que faire ? Décroissance ? Certains pays n’ont manifestement pas la volonté ou les moyens financiers d’appliquer pareil modèle économique. Or en matière de climat, une coopération internationale s’avère primordiale.

Si le constat d’un manque d’infrastructures « vertes » s’impose actuellement, nulle raison de ne pas se projeter pour autant et d’imaginer d’autres solutions.

 

 

Un manque d’infrastructures « vertes »

Actuellement, les technologies contre le réchauffement climatique ont chacune des inconvénients. Les cerveaux à peu près opérationnels ont compris que les énergies fossiles émettent du dioxyde de carbone et provoquent des pollutions désastreuses (marées noires, dégazage…). Quant au nucléaire, il peut se révéler versatile et produit des déchets radioactifs dont on ne sait que faire.

Néanmoins, le nombre d’infrastructures « vertes » (solaire, éolien, géothermique…) est actuellement insuffisant pour se substituer aux énergies polluantes. Elles posent aussi un problème sous-jacent de stockage d’énergie. Sans compter qu’elles impliquent parfois des choix esthétiques douloureux. Pour assurer son niveau de production énergétique actuel, la France devrait par exemple se doter d’éoliennes sur l’intégralité de son littoral méditerranéen. Pour une perspective, une promenade sur la plage de Brighton et son horizon hérissé d’éoliennes laisse pantois…

Quant à la technologie basée sur l’hydrogène, elle n’est pas encore au point. Or le changement climatique, c’est maintenant !

 

© #DataGueule

 

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Reconstituer la banquise

Dès lors, pourquoi ne pas reconstituer la banquise pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Pour y parvenir, de gigantesques navires sillonneraient les abords des banquises. Des panneaux solaires, installés sur leurs toits, fourniraient de l’énergie en quantité suffisante. La proue du navire (semblable à une porte de garage coulissante) s’ouvrirait. L’eau de mer affluerait pour remplir une piscine. Un système à mi-chemin entre l’écluse, la piscine et le bac à glaçons. Puis la proue se refermerait. Commencerait alors une réfrigération très rapide, pour transformer l’eau en un pain de glace géant et rectangulaire.

La proue du navire s’ouvrirait à nouveau et un tapis roulant déchargerait le pain de glace dans l’eau. Un autre navire équipé d’une grue s’en saisirait et le placerait à proximité de la banquise. Les 2 navires réitéreraient l’opération pour empiler les pains de glace, qu’ils colleraient les uns aux autres avec un liant écologiquement neutre (de la résine naturelle injectée à haute pression ?).

A un moment donné, les pains de glace empilés finissent par constituer une énorme nouvelle banquise. Mais aussi une solide barrière entourant la banquise naturelle, l’empêchant ainsi de se détacher par morceaux à cause des températures élevées.

Grâce à une pompe, le navire-réfrigérateur stocke une partie du sel avant la transformation de l’eau de mer en pains de glace et l’envoie par un tuyau sur la banquise. Là, des équipes répandent le sel sur ses extrémités. Ce procédé permet d’ajouter une couche de protection naturelle à la glace et de retarder sa fonte sous l’effet des rayons ultraviolets.

© E.T

Technologies contre le réchauffement climatique : piéger le soleil au Sahara

Un rapide coup d’oeil sur la carte des prévisions des températures en l’an 2100 devrait laisser songeurs les fabricants de doudounes.

 

© Nasa

 

Le Sahara et l’Arabie saoudite vont être les plus touchés par ces bouleversements climatiques. « Le désert avance ». Ce phénomène entraînera un déplacement massif des populations humaines, voire animales, principalement vers les côtes de l’Afrique du Nord.

Par conséquent, pourquoi ne pas transformer le Sahara en prison pour rayons ultraviolets ?

 

Amsterdam sous 40°

Il « suffirait » de creuser une multitude de canaux de part et d’autre de la surface du désert. L’océan Atlantique, la mer Méditerranée et la mer Rouge alimenteraient en eau ces canaux. Au cours de la construction, le sel de mer serait extrait, puis réinjecté sur des parcelles de désert. Le Sahara se transformerait ainsi en une immense étendue blanche. Qui aurait ainsi le mérite de capter les rayons ultraviolets, à l’instar des banquises du globe.

 

Le sable déblayé au fur et à mesure servirait de matière première pour le ciment nécessaire à la fabrication de canaux. Ces derniers, profonds et assez larges, permettraient a minima une circulation fluviale à double sens. Seuls des bateaux électriques pouvant recharger dans des stations nautiques le long du parcours ou des bateaux à voile y navigueraient. Les parois des canaux serviraient aussi à suspendre de la végétation.

Une Amsterdam géante, sous 40°.

Une fois construits, puis le sel récupéré, les canaux offrent un double avantage :

– l’eau de mer peut être filtrée et convertie en eau potable tout au long du parcours, les différents points d’habitation le long des canaux possédant de petites stations d’épuration,

– ce qui permettrait le développement d’oasis végétales grâce à l’eau douce obtenue. Quant au sel extrait, il serait de nouveau injecté sur les parties blanchies attenantes du désert.

© E.T

 

Terminator, pour terminer le travail

Rome ne s’est pas construite en un jour. Réaliser un tel chantier demanderait des bras. La construction du canal de Suez, long de 193,3 kilomètres, a duré de 1859 à 1869 (avec des technologies de dragage moderne apparues seulement en 1863). Or l’urgence climatique règne. Et le Sahara mesure 9 065 000 kilomètres carrés…

Pourquoi ne pas utiliser de (gentils) robots géants pour effectuer les travaux ? Ils construiraient les canaux et répandraient le sel sur chaque « carré » saharien, peu importe la température. La construction avancerait beaucoup plus vite qu’avec des travailleurs humains.

© JapanPro 

 

Quant à l’Arabie saoudite, elle s’inspirerait du lac Nasser en Egypte (lac artificiel), mais à grande échelle. Pour cela, le pays détournerait l’eau de la mer Rouge et du golfe persique, puis la filtrerait pour la transformer en eau douce. L’Arabie saoudite rendrait ainsi habitable l’intérieur aride de son territoire. Là encore, les robots creuseraient un bassin vaste et profond en un temps record.

Ces technologies contre le réchauffement climatique faciliteraient également la circulation dans cette région du globe. Tout en contribuant peu ou prou à réduire le phénomène mondial de montée des eaux.

© E.T

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Un navire équipé d’une presse hydraulique recyclant les déchets marins

Certains navires offrent des solutions de traitement de déchets marins ingénieuses. Cependant, 2 problèmes demeurent :

– une fois plein, un navire doit revenir à terre pour déposer les déchets collectés,

– en cas de grosse mer, il doit quitter sa zone d’opération, sous peine de chavirer.

 

Un navire écologique hybride

En conséquence, il faudrait construire un navire suffisamment haut pour pouvoir traverser un océan de déchets. Basé sur un système de récupération des déchets flottants, grâce à un filet treuillé sous le navire.

En cas de mauvais temps, le navire est équipé de ballasts. Remplies d’eau, elles lui permettent de plonger et d’attendre une accalmie pour recommencer à travailler en surface.

Deuxième problème : le stockage des déchets à bord, obligeant à revenir souvent à terre afin de les décharger. Pour y remédier, le navire est équipé d’une presse hydraulique, qui compresse simultanément plusieurs déchets déjà triés. Une fois compressée, chaque « feuille de déchets » prend peu de place à bord, leur épaisseur ne devant pas dépasser 1 ou 2 centimètres (moins, idéalement). De nombreuses feuilles de déchets sont ainsi facilement empilées. Ce qui offre à l’équipage la possibilité de rester plus longtemps dans une zone d’opération.

Les déchets toxiques sont isolés dans des compartiments hermétiques sécurisés qui, une fois pleins, sont ramenés à terre par un autre navire.

Les navires hybrides déposent aussi des balises en mer. Equipées d’un flotteur, elles émettent un signal satellite pour être repérées facilement. Sous l’eau, un filtre collecte les particules de plastique, sans retenir les organismes naturels (poissons, plancton…).

Contrairement aux 2 technologies contre le réchauffement climatique précédemment décrites, ce projet peut être impulsé et financé par des investisseurs privés : les eaux internationales n’appartiennent à personne. Les navires n’ont donc pas besoin d’accord étatique pour trier les déchets.

 

© E.T

 

1) Ponts inférieurs

2) Déchets

3) Filet

4) Cabine de pilotage / centre de tri automatique des déchets

5) Ballasts

6) Balustrade

7) Pont central

8) Ponts latéraux

9) Hublots à ouverture

10) Trieuse automatique de déchets

11) Compresse hydraulique

12) «Feuille de déchets »

13) «Feuilles de déchets » empilées

14) Compartiment hermétique sécurisé pour déchets toxiques

15) Balise avec filtre à particules de plastique

 

 

Gare au mythe de Sisyphe

De tels chantiers créeraient de nombreux emplois. Des scientifiques motivés réalisent des exploits, comme faire pousser du corail en laboratoire. Et peuvent donc également concevoir des technologies contre le réchauffement climatique et la pollution plastique des océans.

Toutefois, ces efforts ne feront que retarder l’échéance climatique si les humains ne changent pas leurs habitudes. Par exemple, arrêter de consommer du plastique pour réfléchir à d’autres alternatives, notamment le compost. Et penser un modèle économique non polluant, mais pas destructeur d’emplois.

Ultime question : qui paiera ?  Les états sont lentement mobilisables et peu consensuels. Mais si des ingénieurs leur présentaient une solution « clé en main », cela changerait peut-être leurs perpectives.

Quid d’investisseurs privés ? Comment savoir si des « green business angels » prendraient part à de tels projets ? Car si envoyer des fusées dans l’espace reste une prouesse remarquable, cela ne résout pas les périls climatiques sur Terre.