Tony Paker and referee

5 raisons expliquant l’absence de Tony Parker de la liste des 76 meilleurs joueurs NBA

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Tony Parker ne fait pas partie de la récente liste des 76 meilleurs joueurs NBA. Son style efficace, mais peu spectaculaire l’a peut-être pénalisé. Reste que la compétence des votants, au regard des autres oublis majeurs de cette fameuse liste, prête le flanc à la critique. Si le président de l’ASVEL paie peut-être aussi pour une vieille casserole qui le poursuit, il est également la victime collatérale d’une NBA qui évolue étrangement.

 

1- Les paillettes plus importantes que l’efficacité

Tony Parker était d’abord un joueur d’équipe, au service des San Antonio Spurs. Pas un joueur spectaculaire ni un scoreur ultime. Pourtant, son impact n’est pas quantifiable en highlights :

– il est celui qui a popularisé la technique moderne du floater, pour en faire une arme létale. Aujourd’hui, des meneurs majeurs, comme Chris Paul (citant d’ailleurs Parker comme son modèle) et Stephen Curry utilisent régulièrement ce geste dans leur panoplie offensive.

– il fut aussi le joueur le plus rapide de sa génération.

Enfin, San Antonio demeure une petite ville. Or il est plus facile de rayonner aux États-Unis lorsqu’on joue dans un gros marché, comme New York au Los Angeles.

 

 

2- Des votants frappés d’amnésie ou de myopie

Tony Parker a été écarté par 88 votants. Un mélange de médias, de joueurs actuels ou retraités, d’entraîneurs et de dirigeants de franchises NBA.

  • Ce classement montre la (profonde) méconnaissance des votants pour le basket américain d’hier et d’aujourd’hui. Que font Draymond Green ou Klay Thompson hors de la liste ? À l’inverse, comment expliquer la présence de Dave Bing et son famélique palmarès dans cette même liste ?
  • Il brille aussi par l’absence notoire d’anciens grands défenseurs : Dikembe Mutumbo (2 fois meilleur rebondeur, 3 fois meilleur contreur, 4 fois Défenseur de l’année); Ben Wallace (1 fois meilleur contreur, 2 fois meilleur rebondeur, 4 fois Défenseur de l’année, champion NBA, qui fut d’ailleurs privé d’un second titre par Tony Parker); Dwight Howard (5 fois meilleur rebondeur, 2 fois meilleur contreur, 3 fois Défenseur de l’année, champion NBA, champion olympique); voire Alonzo Mourning (2 fois meilleur contreur et Défenseur de l’année, champion NBA, champion du monde et champion olympique).
  • Hors des États-Unis, point de salut ? Malgré plusieurs titres NBA à leur actif, des joueurs non américains possédant également un palmarès international prestigieux, tels Pau Gasol et Manu Ginóbili, ne figurent pas dans la liste des 76. Pour l’anecdote, rappelons qu’il s’agit d’anciens coéquipiers de Parker…

© Andy Hoops

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3 – Tony Parker victime de puritanisme et de vendetta ?

Les États-Unis, puritains ? La supposée relation extra-conjugale de Parker avec la femme de Brent Barry, son coéquipier d’alors aux San Antonio Spurs (alors que Parker était encore en couple avec son ex-femme, Eva Longoria), en a fait à l’époque l’un des personnages les plus détestés du circuit NBA, tant aux yeux des joueurs que du public. Inconsciemment ou non, chez certains votants, cet épisode a pu pencher défavorablement dans la balance au moment de choisir les 76.

4- La NBA n’a aucune identité passée ou présente cohérente 

Avoir gagné 4 titres de champion NBA, un titre de MVP des finales, être multiple All-Star et champion d’Europe ne suffit donc pas à figurer dans la liste des meilleurs 76 joueurs de la ligue… Outre Tony Parker, les votants ont oublié beaucoup trop de joueurs illustres. Or, pour une ligue répétant son attachement à ses glorieux anciens, de tels oublis pourraient se révéler préjudiciables.

Un signe parmi d’autres que la NBA change. En mal.

  • On ne peut pas reprocher à la ligue de basket américain de chercher à être profitable et gagner de l’argent. Mais, ce vœu pieu impacte parfois sérieusement ses prises de position, pourtant prétendument progressistes (oublions momentanément Tony Parker) : comment expliquer par exemple que la ligue s’engage (efficacement) dans le mouvement Black Live Matters, tout en fermant les yeux sur les droits de l’homme en Chine, autrement que par un mobile purement financier ?
  • Adam Silver et ses acolytes possèdent une morale branchée sur courant alternatif : leurs têtes d’affiche jouissent parfois de passe-droits inadmissibles. Ainsi, au cours d’un match, LeBron James manque de blesser Joel Embiid pour un geste qui aurait dû lui valoir une expulsion; frustré, Kevin Durant lance quant à lui un ballon dans les tribunes, geste là aussi normalement synonyme d’expulsion automatique, mais écope seulement d’une amende.
  • Tony Parker a dû se féliciter de ne pas avoir rempilé pour une ultime campagne, évitant ainsi la saison 2019-2020 et la crise du Covid-19. Or, si la NBA a plutôt bien géré la pandémie, elle permettait encore récemment à ses joueurs de ne pas se faire vacciner, pour des raisons…religieuses. Un joueur pouvait invoquer ce motif et ainsi représenter un risque majeur de contamination pour son entourage, sans que cela fasse apparemment ciller la ligue.

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5 – Un basket loin des années fastes

Sur le plan de l’évolution du jeu, la NBA creuse sa propre tombe. Les années fastes, basées sur un basket collectif et du tir à mi-distance, dont Tony Parker était un parfait étendard, appartiennent au passé.

Désormais, les matches sont devenus un concours de tirs à 3-points, où les joueurs arrosent, sans réelle défense. Ce qui rend le spectacle monotone. Et des fans bâillant devant les matches de basket pourraient rapidement coûter cher à la NBA.

Pas encore en état léthargique total, ses instances dirigeantes ont réagi cette année, en modifiant les règles d’arbitrage. Ceci, pour ne plus avantager les joueurs qui forçaient les contacts. Et cesser ainsi les matches au rythme haché, car constamment interrompus par des joueurs allant tirer des lancers francs. Un premier pas. Mais si la célèbre association souhaite s’inspirer de solutions qui fonctionnent à l’étranger, elle devrait regarder du côté de… Tony Parker. Fort de ses succès, le désormais président (et actionnaire) de l’ASVEL est d’ailleurs pressenti pour diriger à moyen terme l’Olympique Lyonnais, adoubé par Jean-Michel Aulas en personne.

Capture écran site basketusa.com

La liste des 76 meilleurs joueurs NBA

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