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Pourquoi le covoiturage, ça va 5 minutes

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On l’aura tous compris, covoiturage rime avec économie et écologie. Mais comme pour beaucoup de choses en ce bas monde, il comporte un revers de la médaille.

 

 

On n’est jamais à l’abri de monter dans une bagnole toute pourrie

Entre la photographie du fier destrier métallique postée par son chauffeur sur le site de covoiturage et la réalité, la différence est parfois sensible.

« Hé, Jean-Patrick, ta BMW ressemble quand même beaucoup à une Citroën AX ! »

« Ouais je sais, mais il fallait bien allécher les passagers, sinon je faisais seul le trajet et ça m’aurait coûté un max de blé ».

 

Des cons, il y en a malheureusement partout

On présente presque le covoiturage comme un concept baba cool : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, c’est limite si après le trajet on ne s’échange pas les 06 avec les autres passagers pour aller traire un de ces quatre les vaches à la campagne tous ensemble. Que nenni ! Il ne faut pas se voiler la face, les gens pratiquent le covoiturage parce qu’ils n’ont pas de voiture, pas de permis ou parce qu’ils sont plus fauchés que les têtes des nobles pendant la Révolution française ! Fatalement, on tombe sur à peu près tout et n’importe qui, moment propice pour constater que le genre humain peut être ingrat avec certains de ses représentants.

« Et sinon, vous avez vu, il y a des lignes blanches sur le bord de la route ! »

« Jean-Patrick, sans te commander, pourrais-tu fermer ta gueule ? »

Une seule hâte vous envahit alors : la fin du voyage !

 

Parfois, le silence, c’est sympa

Et oui, le matin, beaucoup n’éprouvent pas une envie incommensurable de tailler une bavette : lever tôt, direction le boulot, ciel gris et pluie fine, embouteillage musclé pour parfaire le tableau. Malgré ce triste constat qui devrait confiner au silence, il y a toujours quelqu’un pour demander « Comment ça va ? La pêche aujourd’hui ? ». Ne vous étonnez donc pas de voir des cortèges infinis de conducteurs solitaires dans leurs voitures sur les périphériques urbains, soirs comme matins.

 

Covoiturage et drague

Sujet plus épineux qu’un bosquet dans la garrigue. Disons simplement que si vous vous faites draguer ou l’inverse, c’est le petit « plus » du covoiturage : l’occasion fait le larron, si vous tirez votre coup pendant le voyage, c’est toujours ça que les Allemands n’auront pas.

Maintenant, gardez à l’esprit que si vous ou votre interlocuteur/trice misez exclusivement sur ce système de transport pour trouver l’âme sœur, c’est que votre vie sociale n’est peut-être pas assez aboutie, surtout si vous fondez ensemble un couple durable. Enfin, le bonheur arrive souvent là où on ne l’attend pas. Si votre idylle débouche toutefois sur la présentation des parents voire un mariage, ménagez la chèvre et le chou. Ainsi, il n’est pas forcément indispensable de préciser que vous vous êtes connus via un covoiturage et que vos premiers ébats sexuels ont eu lieu sur une aire d’autoroute.

 

La musique en voiture

Alors là, c’est à la fortune du pot : Un Marseille-Lille réservé à la dernière minute avec un conducteur fan de Booba ou de Lorie(ble) peut s’avérer fatal pour vos tympans et votre équilibre psychologique.

Deux méthodes font autorité en pareille situation.

L’attitude courtoise sera de suggérer une autre musique, suggestion retenue ou pas. L’autre plus sibylline consiste à déverser le contenu de votre soda sur la radio, soit pendant que tout le monde est sorti du véhicule (mais attendez-vous à une ambiance morose à bord après la découverte de cette dégradation intempestive), soit en feignant la maladresse. Dans le deuxième cas, ne jamais oublier d’adopter l’expression de visage la plus sotte possible : un propriétaire de véhicule normalement constitué mettra cette maladresse sur le compte de votre bêtise indécrottable et passera l’éponge, au sens propre comme au figuré.

 

Péter pendant le trajet

Votre moitié, les enfants, le chien, les collègues au bureau, les premiers cités une fois rentré à la maison… : vous êtes rarement seul. Quand pétez-vous ? Jamais, excepté en voiture ! Or, c’est une activité nécessaire. Ne cherchez donc pas plus loin pourquoi là encore, les conducteurs solitaires ont de beaux jours devant eux.

 

Et la planète dans tout ça ?

Quatre personnes dans la même voiture polluent moins que quatre personnes dans quatre voitures, pas besoin de s’être pris une cuite avec Einstein pour l’assimiler. Malgré tout, si le covoiturage s’avère effectivement écologique, notons aussi que des moteurs plus propres devraient exister depuis bien longtemps, ce n’est pas bien de nous culpabiliser à jet continu.

Au pire, avant que tout explose, l’espace est plutôt balèze, il y a plein de planètes autour de nous, il faudra bien se décider à aller y faire un tour un week-end.