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Limitation de vitesse à 80 km/h : en route vers la sottise

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Le 1er juillet 2018, le gouvernement entend abaisser la vitesse de 90 kilomètres heure à 80 kilomètres heure sur les routes nationales et départementales. Raison invoquée ? Epargner 400 vies chaque année.

Cette mesure n’en est pas moins une monumentale aberration.

 

 

 

Gouffre financier, motif inavouable ?

 

Cette limitation de vitesse implique qu’il va falloir remplacer tous les panneaux de signalisation « 90 » km/h par leurs petits frères « 80 » km/h. Bonjour la facture.

 

Certains esprits taquins voient dans cette mesure la volonté déguisée du gouvernement de récolter facilement de l’argent. Comment ? En collant des contraventions aux naïfs automobilistes, habitués à rouler à 90 km/h et se faisant de facto flasher par des radars.

 

 

 

Un non-sens économique

 

Quid des citoyens enclavés, travaillant ou vivant dans des villes sans réseaux de transports en commun valables ou à la campagne, et devant donc s’avaler des tombereaux de kilomètres quotidiens dans leur véhicule ? Car contrairement à ce que le gouvernement pense, certains conducteurs hurluberlus n’utilisent pas forcément l’autoroute. Et les artisans, les livreurs, les commerciaux, sillonnant les routes à longueur de journée, pour qui le temps (et les limitations de vitesse), c’est de l’argent ? Visiblement, leur situation, tout comme la réalité économique du pays, n’importe guère.

 

 

 

Le déni de l’utilité automobile

 

La voiture sert à se rendre d’un point A vers un point B plus rapidement qu’à pied. D’ici quelques années, quand la limitation de vitesse tombera à 20km/h sur route, et que les voitures se feront dépasser par des cyclistes, le gouvernement s’estimera néanmoins très astucieux, puisqu’il aura ainsi sauvé de nombreuses vies. Mais il ne faudra pas qu’il pleurniche si Renault et PSA mettent la clé sous la porte ou délocalisent leurs usines à l’étranger, faute d’automobilistes suffisants en France.

 

 

 

 

Une absence de pragmatisme déroutante

 

Les accidents de la route sont indiscutablement tragiques. Néanmoins, réduire la vitesse de 10 km/h ne baissera pas significativement le nombre de morts sur les routes. Ce n’est pas tant la vitesse qui provoque les accidents que l’alcool ou les stupéfiants consommés par les conducteurs, la fatigue, l’état du réseau routier ou la nullité crasse et dangereuse de certains au volant.

 

Si des accidents de la route surviennent, pourquoi ne pas interdire tout bonnement les voitures ? De la même manière, la côte de boeuf augmente le risque de cholestérol, le gouvernement devrait songer à interdire la consommation de viande rouge. Le soleil provoque des cancers de la peau ? Il faut coûte que coûte interdire aux Français de sortir de chez eux avant la tombée de la nuit. Et pour éviter les victimes d’avalanches et de noyades, quoi de mieux que de défendre l’accès à la montagne en hiver et à la mer en été ?

 

 

C’est à se demander s’il n’existe pas, quelque part dans les recoins des Ministères, une boîte de Pandore remplie de fausses bonnes idées, dans laquelle les dirigeants successifs puisent allègrement. Hier, l’écriture inclusive. Aujourd’hui, la limitation à 80 km/h sur route. Demain, le droit de vote accordé aux chats ?