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Comment assurer votre bien-être grâce à l’Épicare

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Les oiseaux chantent et les manteaux d’hiver regagnent enfin les placards. Pas de doute, le printemps refait son apparition. L’occasion de perdre des kilos superflus avant d’enfiler son maillot cet été. Pourtant, chacun devrait entretenir son bien-être mental et physique toute l’année, pas seulement aux beaux jours. Comment ?  Grâce à la technique de l’ « Épicare ». 

 

L’ensemble des méthodes décrites ci-dessous pour atteindre plénitude et bien-être constituent les fondations de l’Épicare : allier épicurisme et soin de soi pour un bien-être parfait.

 

 

  • Ne faites plus de sport, c’est dangereux pour la santé

C’est un classique : dès qu’il recommence à faire beau, les coureurs font immanquablement les malins : et vas-y que j’affiche mon temps de course calculé par RunKeeper via Facebook, que je m’achète une tenue complète de running plus chère qu’une moto Ducati neuve ou que je gobe des barres de céréales énergisantes comme d’autres les promesses de politiciens. Sur ma lancée, je m’inscris au semi-marathon, au marathon et au camel marathon (un marathon où chaque coureur porte un dromadaire adulte sur 42 kilomètres). Je n’oublie pas de bien le faire savoir autour de moi, pour qu’on me prenne pour Iron Man ou Wonder Woman. Cela procure au moins un sujet de conversation tout trouvé dans les soirées barbantes : « Tu cours ? Ouaiiis moi aussi, j’ai couru le marathon de Rio de Janeiro, c’était Gé-Nial ». 

Stop ! N’imitez surtout pas ces gens-là ! Michel Bergé, Félix Faure ou Reggie Lewis ? Autant de personnalités emportées dans le fleur de l’âge par une crise cardiaque, en raison d’un effort physique fatal lors d’une séance sportive ! Sans compter que le jour où votre enfant risque de se faire écraser par une voiture, vous aurez l’air malins de lui avouer après coup « Fiston, désolé, je sais que tu as une jambe en bois, mais j’avais une crampe parce que j’avais trop couru la veille du jour où cette idiote de voiture t’a roulée sur la jambe, du coup je n’ai pas pu te secourir  » . À l’inverse, si vous ne courez jamais, vous serez plus rapides qu’un tigre pour secourir votre progéniture en péril. Bref, vous utiliserez votre énergie parcimonieusement mais au bon moment.

Vous verrez que paradoxalement, vous serez heureux comme tout : finie la pression hebdomadaire, lorsque vous repoussez le plus longtemps possible le jour fatidique de la semaine pour aller courir ou pratiquer un autre sport ! Soulagés, vous respirerez un grand coup, ce qui s’avérera très bon pour votre souffle.

 

  • Mangez autant que vous voulez, quand vous voulez

Les diététiciens habitués aux plateaux télé et vantant leur méthode pour maigrir et se sentir bien dans son corps en ingurgitant légumes, fibres et autres goutes de rosée sont légion. Et pourquoi pas maigrir en ne mangeant plus rien pendant qu’on y est ? Oubliez dès aujourd’hui les conseils de ces tristes sires : mangez autant que vous voulez ! Goinfrez-vous d’aliments succulents, gras, faisant augmenter votre cholestérol plus rapidement qu’une commette passant dans le ciel. Contrairement aux idées reçues, c’est excellent pour la santé. Pourquoi ?

D’abord, manger provoque bien-être et bonheur aux mangeurs. Dès lors, pourquoi passeriez-vous à côté de ce bonheur ? S’il ne s’agit pas d’ingurgiter un menu « Best of » DoMac puant l’éléphant décomposé, allez-y, foncez !

Ensuite, force est de constater que les gens surveillant trop leur poids font un peu chier tout le monde. « OK, Jean-Patrick, tu fais un régime alimentaire à base d’algues et de pouces de bambous depuis maintenant 7 ans, mais vu comme tu lorgnes méchamment sur mon entrecôte XXL, j’en déduis que tu dois être extrêmement malheureux au fond de toi là, maintenant, tout de suite ».

Par ailleurs, vous n’allez pas emporter vos plaquettes en chocolat ou votre cul de compétition dans la tombe. Autant profiter de la vie et laisser les photos prouver qu’à 20, 30, 40, voire 50 ans, vous étiez encore plus canons que la Grande Armée de Napoléon.

Enfin, le réchauffement climatique évolue plus vite que Lewis Hamilton dans les lignes droites. Vous vous félicitez d’habiter Marseille, Ibiza ou Miami pour leur climat clément ? Fuyez malheureux, car dans 20 ans il y fera plus chaud que dans le cratère d’un volcan ! Inversement, dans des régions froides du globe, il ne fera pas seulement froid, mais carrément glacial, et vous avoinerez désormais le premier qui osera prononcer le fameux teaser  « Winter is coming », de la série Game of Thrones.

 

Alors réagissez ! Selon vous, qui résistera le mieux aux conditions climatiques extrêmes ? Le gringalet pédant ne mangeant pas trop sucré pour rester en bonne santé, ou le gros patapouf s’empiffrant à longueur de journée de sodas et d’hamburgers ? Le deuxième cité évidemment, car il possèdera plus de graisse pour résister aux écarts de température !

Enguerrand de MaForteresseCestPasUnChâteaudeSablepourBébés, célèbre diététicien du XIIème siècle, déclarait d’ailleurs « Nous sortons de table ? Alors à table. »

 

  • Fumez jusqu’à 40 ans

Pas la peine de se mentir : la cigarette, c’est mauvais. Avez-vous remarqué combien vos vêtements chlinguent le lendemain ? L’haleine de poney qu’elle provoque ?  D’un autre côté, fumer procure un style inimitable, une contenance : vous vous sentez bien mieux avec une clope au bec ou dans la main, alors que sans elle, vous seriez aussi perdus que le Petit Poucet !

Il faut donc fumer jusqu’à 40 ans. Après, mieux vaut arrêter (sauf pour les personnes fumant 10 paquets de cigarettes par jour depuis l’âge de 5 ans, qui a priori sont déjà mortes avant d’avoir pu lire ces lignes). Et puis, il y a toujours le contre-exemple rassurant de ce bon vieux Winston Churchill, British paradox absolu. Il fumait plus que Londres pendant le Blitz et malgré tout, quelle longévité ! Churchill était d’ailleurs duc de Marlborough : cela ressemble beaucoup à « Marlboro » et expliquerait bien des choses.

 

  • Prenez le soleil

Le soleil adoucit les moeurs et rend immanquablement les gens heureux. On ne peut plus leur décrocher l’odieux sourire béat qu’ils arborent dès qu’un rayon de soleil éclaire deux minutes leur frimousse ragaillardie en vitamine E. Donc prenez le soleil, cela vous fera du bien.

Prudence toutefois car trop de soleil sur la peau tue la peau. Certains vont même jusqu’à faire des séances d’UV. Cette technique consiste à imiter une tranche de pain dans un grille-pain : on dore grâce à la chaleur de l’appareil. Sauf qu’à trop cuire, on partage le sort de la tartine au bout d’un moment : on crame. Et on plaint ces gens-là de récolter ainsi une peau plus fragile qu’un parchemin, alors que leur attitude est encore plus bête que la machine à UV qu’ils utilisent ?  On rendrait presque service à l’humanité en les laissant coincés dans la machine à UV pour faire un ou deux exemples…

 

 

  • Buvez beaucoup d’alcool

L’alcool rend de nombreux services :

– d’abord, il aide à améliorer le physique de son prochain ou la natalité (Coluche disait d’ailleurs « Dieu a créé l’alcool pour les femmes moches » );

– il vous donne un courage vous faisant habituellement défaut;

– il permet de prendre le volant pour repartir loin sous une pluie battante, alors que vous étiez pourtant si fatigués en arrivant à la soirée;

– l’alcool donne une force surhumaine: c’est là que vous vous dites que finalement, ce videur de 2 mètres pour 115 kilos n’est pas si fort qu’il en à l’air et qu’il ne vaut mieux pas qu’il vous casse trop les coucounes, sous peine de se prendre votre poing dans sa gueule de zébu dépressif.

Trop d’alcool rime avec vomissements. Hormis le pari consistant à savoir quelle couleur et consistance va sortir de votre bouche, à vos yeux, vomir n’est pas digne d’un grand intérêt. En êtes-vous certains ? Pourriez-vous jurer ne pas vous sentir nettement mieux après avoir vomi ? Si ? Et pour cause ! Vomir va nettoyer votre estomac, sans avoir besoin pour cela d’avaler des gélules spéciales à 50 euros la boîte (non remboursée par le Sécurité sociale) pendant 18 mois. Votre estomac sera alors comme neuf et vous serez prêts à aborder sereinement la journée de travail, le déjeuner familial du lendemain ou une ballade du côté de chez swag !

Sur Twitter, @bogossedu69 remarque qu’absorber fréquemment de l’alcool peut avoir un coût certain, pouvant amputer à terme votre pouvoir d’achat. Son conseil pour économiser ? S’éclipser sans payer dans les bars, discothèques et restaurants, non s’en s’être bien fait plaiz’ au préalable sur la quantité d’alcool commandée.

 

Enfin, il a été prouvé que l’alcool rend excessivement intelligents et astucieux ceux qui en boivent. Prenez Boris Eltsine : avant d’absorber des litrons de vodka, il n’était qu’un homme parmi les hommes. Grâce à l’alcool, il a pu faire carrière, et quelle carrière ! Président de la Russie, c’est quand même mieux que président des Amis des Coléoptères, non ? Sans compter que l’alcool confère un pouvoir magique: la certitude que personne ne vous apercevra ni ne vous entendra quand vous urinerez dans la rue, votre urine devenant d’ailleurs incolore et inodore.

 

  • Gagnez du temps: apprenez aux toilettes 

Le professeur Hypolyte Hébé a récemment démontré qu’étaler sa culture en société rendait vachement heureux. Vous maudissez encore le grand escogriffe rencontré au dernier dîner mondain pour avoir cité ZE citation de Platon au bon moment et avoir ainsi récolté l’admiration de tout le public présent ? C’est parce qu’il révise, lui ! Moralité: instruisez-vous. Mais attention, sans perdre votre temps dans les musées, librairies et autres expositions soporifiques sur le dernier souriceau ayant vécu sur Saturne. Non, instruisez-vous derrière le sanctuaire de savoir protecteur que constitue la porte des toilettes :

– vous gagnerez du temps et joindrez ainsi l’utile à l’utile;

– le lecteur candide, affalé dans le canapé du salon, sera immanquablement sollicité dès ses 5 premières minutes de lecture pour aider à ranger, aller faire des courses ou déraciner le séquoia du jardin. Alors qu’aux toilettes, personne ne viendra…vous faire chier. N’ayez aucune pitié pour les pleureurs grattant à la porte, prétextant une envie pressante, vous implorant de libérer la place occupée. Imitez plutôt Papy : faites de la résistance. Vous étiez là d’abord, vous partirez quand vous l’aurez décidé, un point c’est tout !

Plusieurs moyens s’offrent à vous pour mener à bien cette saine croisade : smartphone, tablette, télévision dans les toilettes -pour les plus bricoleurs-, journaux et magazines, livres (attention aux fourmis dans les jambes en cas de lecture prolongée). Player Lambda suggère d’ailleurs des jeux vidéos pour faire caca :

 

Or, « On apprend toujours des jeux vidéos car ils sont le reflet de la réalité », disait Charlemagne.

Imaginez un instant que personne ne puisse capter Internet dans l’assistance ! Dans ces conditions extrêmes, comment savoir quelle était la couleur du cheval blanc d’Henri IV sans vérifier sur Internet ? Vous pourrez faire fuser derechef la réponse. Grâce à quoi ? Grâce à vos révisons approfondies aux toilettes ! Un sentiment de légèreté vous submergera alors et vous procura bien-être et contentement absolus.

Dans le même esprit, émettre des flatulences (aux toilettes ou en-dehors) s’avère un bon moyen de se détendre et de relâcher la pression…voire d’engager humoristiquement une conversation avec des inconnus. Angela Merkel recourt souvent à ce procédé.